L’âge des .FR

Mars 2014

 

Le .FR est tout jeune : l’âge moyen de ses noms de domaine est de 3.8 ans. Un chiffre calculé en prenant en compte l’année de création des 2.7 millions de noms en .FR enregistrés dans la base, de 1995 à 2014.

 

 

 

Le .FR a connu une très forte accélération entre les débuts de sa véritable commercialisation par le FR-NIC en 1995 et les niveaux d’activité actuels. C’est donc sans surprise que l’on observe une « pyramide des âges » où les noms « anciens » représentent une portion d’autant plus faible que leur ancienneté est grande. Ainsi, 1.8% des noms présents dans le portefeuille en mars 2014 ont été enregistrés entre 1995 et 2000, contre 6.4% entre 2001 et 2005, 34.7% entre 2006 et 2010 et 57% entre 2011 et 2014.

 

 

Ceci est d’autant plus logique que plus un nom est ancien, plus il a (par définition) « survécu » à un nombre croissant de renouvellements. L’étude du ratio comparant le nombre de noms créés dans une année donnée au nombre de noms encore en portefeuille en 2014 est particulièrement instructive.

 

 

On peut constater deux phénomènes principaux :

  • Le ratio tend à être « plat » autour de 40% pour tous les noms déposés en 2008 ou avant (la baisse légère observable en 2006 est l’effet de l’ouverture des noms aux particuliers en juin de cette année-là). Autrement dit, un nom déposé en année N a 40% de chances d’être encore en portefeuille 5 ans plus tard, et une fois ce seuil franchi, il tendra à être systématiquement renouvelé. C’est le véritable « fond de portefeuille » du .FR : noms exploités ou « défensifs » sur des marques pérennes ;
  • La pente de la courbe s’accélère de plus en plus entre 5 et 2 ans d’ancienneté, pour atteindre un ratio proche de 1 pour les noms déposés dans l’année et qui n’ont pas encore tous fait l’objet d’un renouvellement

 

 

 

Tout se passe donc comme si le taux de renouvellement était fortement corrélé à l’ancienneté du nom, les noms déposés depuis moins de deux ans ayant moins de chances d’être renouvelés que les noms déposés depuis 2 à 5 ans, un taux de renouvellement proche de 100% étant observable pour les noms de plus de 5 ans.

 

Quels enseignements tirer de cette brève analyse ?

  • En premier lieu, la « volatilité » de portefeuille de noms de domaine d’un TLD décroît avec le temps, ce qui permet au registre (comme à ses bureaux d’enregistrement) d’asseoir leurs modèles économiques sur des sources de revenus de plus en plus stables ;
  • En second lieu, le taux de renouvellement traditionnellement calculé est une moyenne qui, dans certains cas extrêmes, peut s’avérer trompeuse car il ne reflète pas la « pyramide des âges » des noms enregistrés.
  • En retour, les variations de ce taux de renouvellement peuvent être dues à un affaissement subi des renouvellements des noms récemment déposés, ou – ce qui serait au fond plus grave – à des suppressions affectant les noms les plus anciens, par l’effet de la crise économique par exemple.

 

Il importe donc pour un registre et pour ses bureaux d’enregistrement de surveiller attentivement les taux de renouvellement des noms de leur portefeuille en fonction de l’ancienneté de ceux-ci. Un taux relativement modéré sera tolérable pour les noms les plus « jeunes », tandis que celui des noms les plus anciens devra rester proche des 100%. Dans le cas contraire, la structure du portefeuille, qui conditionne à moyen - long terme les revenus liés aux renouvellements, pourrait s’en trouver fragilisée.

 

Un autre enseignement pourrait être que des actions devraient être menées par les bureaux d’enregistrement afin de favoriser un taux de renouvellement élevé, même pour les noms inférieurs à 5 ans d’ancienneté. Ceci aurait pour effet, à moyen terme, d’élever le niveau du « plateau » de renouvellement des noms ayant plus de 5 ans d’ancienneté, et de consolider d’autant la santé globale du portefeuille.

 

 

 

 

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