L’utilisation des domaines en France vue par le dépôt légal numérique de la BnF

Juillet 2014

90 % des noms en .fr étudiés dans le cadre du dépôt légal étaient actifs en 2013.

 

Depuis plusieurs années, l’Afnic collabore aux missions du dépôt légal numérique géré par la Bibliothèque nationale de France (BnF) en mettant à disposition de celle-ci la liste des noms de domaine enregistrés sous .fr et .re.

La BnF exploite cette liste afin de découvrir et d’archiver les contenus accessibles sur le web français à la date du passage de ses robots. C’est ainsi que se constitue peu à peu une « mémoire numérique » du web français, dans la continuité des efforts engagés depuis 1537 dans le « monde réel ».

 

Logo de la Bibliothèque nationale de France (BnF)

Une forte proportion de noms de domaine actifs

Outre l’opération d’archivage proprement dit, les travaux de la BnF permettent de tirer des bilans de l’utilisation faite des noms de domaine étudiés.
Ainsi, de 2011 à 2013, la proportion de noms actifs reste-t-elle assez stable, avec un creux en 2012 :

 

 

2011

2012

2013

Moyenne

« DNS successful »

(valide)

76 %

69 %

74 %

70 %

« DNS failed »

(non valide)

24 %

31 %

26 %

30 %

Total

100 %

100 %

100 %

 

Pourcentage de requêtes ayant abouti
à une réponse du serveur de nom

ou bien à une absence de réponse
(noms de domaine non installés ou sur des serveurs en panne)

 

Ces résultats ne concernent pas uniquement le .fr mais l’ensemble des noms étudiés, la répartition du .fr pour 2013 étant de 90 % de « DNS successful » (configuration DNS valide) et de 10 % seulement de « DNS failed » (configuration DNS invalide). Cette performance provient sans doute de l’habitude prise par les bureaux d’enregistrement d’installer les noms dès le moment de leur enregistrement, en vue du passage des tests techniques Afnic ZoneCheck (cette contrainte a disparu).

Des sites web d’une dizaine de pages

L’outil de la BnF a aussi comptabilisé le nombre d’URL collectées (URL = élément de base des pages) pour chacun des sites web vers lesquels conduisaient les noms de domaine.

 

 

2010

2011

2012

2013

Nb URL < à 10

56 %

57 %

50 %

50 %

Nb URL > à 10

44 %

43 %

50 %

50 %

Total

100 %

100 %

100 %

100 %

Nombre d'URL par site web

 

Les chiffres montrent que la proportion de sites web contenant 10 URL ou plus est en augmentation depuis 2010, avec un palier en 2012-2013 où la médiane s’établit précisément à 10 URL. Ce phénomène qui méritera d’être suivi dans l’avenir peut être le reflet d’une évolution des sites web, qui tendent à s’étoffer et à s’enrichir avec le temps. La moitié d’entre eux reste toutefois assez « simple » : sites vitrines d’entreprises ou pages personnelles.

Des redirections assez minoritaires et des « pages non trouvées » en progression constante

Nous intéressant aux codes retour "HTTP", nous faisons quelques découvertes intéressantes :

 

2011

2012

2013

Redirections (3XX)

7 %

6 %

6 %

Page non trouvée (4XX)

8 %

10 %

11 %

 Codes HTTP

 

Les redirections ne concerneraient que 6 à 7 % de l’ensemble des noms étudiés, la ventilation par TLD n’étant malheureusement pas disponible. Ce chiffre est stable et témoigne du fait que la plupart des titulaires acquièrent un nom de domaine unique pour l’utiliser comme support de leur communication, les stratégies de dépôts multiples assorties de redirections vers un nom de domaine « phare » étant limitées et probablement l’apanage des grandes entreprises.

Le nombre de pages non trouvées est en augmentation constante en pourcentage, alors même que le volume de noms étudié par la BnF progresse chaque année. Ce phénomène peut témoigner de la « vitalité » du web français, dont les contenus évoluent – laissant des reliquats d’URL ne conduisant plus vers aucune page tandis qu’apparaissent de nouvelles URL pour conduire plus finement aux contenus mis en ligne. A contrario, ce ratio témoigne aussi d’un gisement d’optimisation pour les webmasters, qui négligeraient trop souvent (et de plus en plus souvent) d’assurer la redirection des URL périmées vers les nouvelles URL. Dans le cas d’URL anciennes et bien référencées (moteurs mais aussi netlinking) le manque à gagner en termes de trafic peut ne pas être négligeable.

 

Pour en savoir plus

 

 

Read this page in English Haut de page