Les régions des futurs geo-TLDs français

Février 2014

Les cinq futures extensions « géographiques » françaises (.ALSACE, .AQUITAINE, .BZH, .CORSICA, .PARIS) ont toutes choisi l’Afnic pour opérateur technique de registre. A la veille de leur insertion dans la « racine », il peut être opportun de donner un panorama de ces villes et régions, à partir des données disponibles pour le .FR, et d’en tirer quelques enseignements pour les futures extensions.

Les situations respectives des différentes zones géographiques étudiées doivent être analysées en distinguant le segment des personnes physiques de celui des personnes morales. On observe en effet une grande disparité dans les taux de pénétration des deux segments.


1) Les personnes physiques

 

Le ratio moyen pour l’ensemble du .FR est de 16 noms de domaine déposés par des personnes physiques pour 1000 habitants (données AFNIC / INSEE). Cette moyenne dissimule naturellement de fortes disparités selon les zones géographiques : si l’Alsace (30 000 noms déposés par des personnes physiques) et l’Aquitaine (51 000) sont très proches de la moyenne nationale, la Bretagne (57 000 noms en incluant la Loire-Atlantique qui appartiendra à la zone de chalandise privilégiée du .BZH) est légèrement en dessous avec 13, suivie de très près par la Corse (ratio 12, avec 4000 noms). Zone urbaine par excellence, le département de Paris affiche pour sa part 68 noms de domaine pour 1000 habitants (153 000 noms).

 

 

2) Les personnes morales

 

Le ratio moyen pour l’ensemble du FR est de 644 noms de domaine déposés par des personnes morales pour 1000 entreprises (sources AFNIC / INSEE). Ici aussi, Paris (258 000 noms) obtient le meilleur ratio avec 984 noms pour 1000 entreprises, en fort contraste avec la Corse (ratio de 291 pour 5 000 noms). L’Alsace (41 000 noms déposés par des personnes morales) et la Bretagne (90 000 noms) sont assez proches en termes de ratios, tandis que l’Aquitaine occupe une place intermédiaire (51 000 noms).

 

 

3) Enseignements

 

Ces premiers chiffres donnent une idée du potentiel d’appétence de chacune des futures extensions, en fonction de sa zone de chalandise et en distinguant les personnes physiques des personnes morales. Les ratios parlent d’eux-mêmes : aujourd’hui, ce sont en proportion plutôt les entreprises qui se sont équipées de noms de domaine. Les personnes physiques en enregistrent naturellement elles aussi, mais les disparités régionales tendent à s’estomper, laissant deviner une appropriation plus homogène par cette catégorie de titulaires que par celle des entreprises.

Pour autant, les ratios peuvent aussi être interprétés « en creux » : ils montrent que la très grande majorité des personnes physiques ne se sont pas encore dotées d’un nom de domaine en .FR, et qu’une entreprise française sur deux soit n’a pas de nom de domaine, soit a choisi une autre extension (la part de marché globale des FR étant de 36%, ceci n’a rien d’étonnant).

Le potentiel de court terme pour les futurs geo-TLDs paraît donc résider dans le segment des entreprises, qui sont plus mûres et démontrent plus de besoins en matière de communication sur internet. Les TPE-PME et artisans seront en particulier friands de noms de domaine affichant l’appartenance de leurs titulaires à une communauté locale ou régionale, en jouant vis-à-vis de clients potentiels sur l’argument de la proximité, voire de la provenance géographique des produits proposés par l’entreprise.

 

Le segment des particuliers reste celui qui offre le plus gros potentiel à moyen – long terme, le taux de pénétration étant nettement plus bas – mais correspondant aussi à des besoins et pratiques différents en matière de présence sur internet. Ici, les futurs geo-TLDs auront sans doute intérêt à valoriser un sentiment d’affect en traduisant le dépôt et l’utilisation de leur extension par la manifestation d’un sentiment d’appartenance à une communauté. Les études marketing précédemment menées sur le FR montraient en effet que les trois principales raisons d’enregistrer cette extension étaient le lien avec la langue française (contenus attendus en français), le sentiment d’appartenance à la communauté française de l’Internet, et le sentiment de proximité. De nouveaux usages s’appuyant sur les nouvelles extensions pourraient en outre s’avérer des facteurs de différenciation significatifs pour assurer leur succès.

 

 

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