Nouvelles extensions : leur arrivée impacte les gTLD « historiques »

Octobre 2014

Les extensions génériques sont plus impactées que les extensions géographiques par l’arrivée des nouvelles extensions.

 

À fin septembre, la contribution des extensions génériques classiques (.com, .biz, .info, etc.) à la croissance nette du marché en 2014 était de 45 % contre 75 % en mars 2014.

  

L’arrivée massive de nouvelles extensions sur le marché a suscité de nombreuses interrogations depuis 2012. Quel serait l’impact de ces centaines de nouvelles extensions (ou TLD pour « Top Level Domains) sur les acteurs déjà en place ? Leur notoriété conquise année après année serait-elle suffisante pour leur permettre de résister aux nouveaux entrants ? Jusqu’à quel point des effets « d’arbitrage » entre « TLD classiques » et nouveaux TLD se feraient-ils sentir ?

L’étude de la contribution des trois grandes catégories de TLD à la croissance nette du marché calculée à la fin de chaque mois entre mars et septembre 2014 est riche d’enseignements.

Les trois grandes catégories sont :

  • les « nTLD », c’est-à-dire les extensions créées depuis la fin 2013 et introduites sur le marché à partir du début 2014 ; on comptait 408 nTLD à fin septembre 2014 ;
  • les gTLD ou « legacy TLD », qui au nombre de 18 sont toutes les extensions génériques créées entre 1985 et 2011. Les .com,  .net, .biz, .info, .org, pour ne citer que les plus connues, font partie de cette catégorie ;
  • les « ccTLD » ou « country-code top level domains », correspondant aux extensions géographiques désignant des territoires : .fr pour la France, .re pour l’île de la Réunion, .de pour l’Allemagne etc. Il existe environ 270 ccTLD à ce jour, la liste variant en fonction des évolutions de la table ISO 3166-1. Dans le cadre de notre étude, nous avons pris en compte 32 ccTLD de plus de 500 000 noms de domaine, représentant près de 90 % des noms déposés à titre payant dans les extensions géographiques.

Au global, les ccTLD représentent environ 44,5 % de l’ensemble des noms de domaine déposés dans le monde à fin septembre 2014, contre 54,5 % pour les gTLD. Les nTLD en représentaient environ 1 %.

L’histogramme met en exergue le fait que la contribution des ccTLD, quoique modérée, passe de 10 % en mars à 27 % en septembre 2014, chiffres montrant que les ccTLD ne sont pas significativement affectés par les nouvelles extensions. Celles-ci connaissent naturellement en 2014 une très forte poussée liée à leur introduction massive sur le marché, passant de 17 % de la croissance nette à 35 % à fin septembre. Le « solde », c’est-à-dire la contribution des gTLD, constitue toujours l’essentiel de cette croissance nette, mais en subissant un effet d’érosion considérable de 75 % à 38 %.

 

Contribution aux soldes nets mensuels cumulés en 2014

Note : pour les gTLD, les chiffres de juin à septembre sont des extrapolations des données ICANN disponibles jusqu’à fin mai 2014 ; pour les nTLD, nous avons utilisé les rapports ICANN jusqu’à fin mai et les données de Ntldstats.com de juin à septembre ; pour les ccTLD, nous avons exploité les statistiques du CENTR et celles que les différents registres publient sur leurs sites web.

 

L’effet visuel apporté par le graphique est encore plus parlant que les chiffres : tout en restant des « poids lourds », les gTLD souffrent nettement plus que les ccTLD de la concurrence des nouvelles extensions. Ceci peut s’expliquer divers facteurs :

  • les « statuts » des différents gTLD sont assez contrastés, certains ayant réussi à trouver leur public et à le fidéliser tandis que d’autres subissent de plein fouet les « arbitrages » réalisés en faveur des nTLD par les domainers et les détenteurs de marques « toilettant » leurs portefeuilles en supprimant les noms de domaine défensifs jugés inutiles ;
  • a contrario, la concurrence s’effectue sur des bases défavorables aux gTLD dans la mesure où ceux-ci sont payants tandis que les nTLD affichant les plus forts volumes sont souvent « dopés » par des stratégies de promotion agressives (gratuité) quand ce n’est pas leur propre registre qui réalise des dépôts massifs via la filiale registrar de leur Groupe. De ce fait, le phénomène basé sur les volumes reflété par le graphique est partiellement faussé et peut s’atténuer si les stratégies de gratuité ou quasi-gratuité disparaissent ;
  • les gTLD ayant privilégié des stratégies stimulant les créations, sans chercher à consolider leurs taux de renouvellement, sont particulièrement vulnérables aux nTLD qui les atteignent à la fois sur les créations et sur les renouvellements. C’est peut-être là la principale force des ccTLD, dont la plupart jouissent de taux de renouvellement assez supérieurs à ceux des gTLD. Si la dynamique de leurs créations est sans aucun doute affecté par l’explosion de la concurrence, leurs portefeuilles de noms de domaine ont été constitués au fil du temps par des titulaires ayant volontairement opté pour leur extension nationale et y attachant donc une signification qu’un effet d’aubaine tarifaire ne remet pas facilement en cause. Cette fidélisation des titulaires est sans doute le meilleur rempart des ccTLD contre les nouveaux entrants.

 

 

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